Paroisse sainte Bernadette - diocèse de Montpellier
Bonjour nos amis internautes
Bienvenue au site Internet de la paroisse sainte Bernadette.
Nous sommes trois prêtres dans notre équipe presbytérale: P. Jacques Bétoulières (JB)- curé, P. Henri REDON (HR) – aumôniers des hôpitaux (Colombière et La Peyronie), et P. Joseph NGUYEN Xuan Ha (JN) – vicaire et responsable des mouvements des jeunes dans la paroisse.
Vous allez trouver des textes, des prières, des editos (courtes homélies), des informations nécessaires pour notre vie chrétienne, des rendez-vous ….
Pendant l'été 2008, nous vous invitons de lire avec nous quelques textes des Pères de
l'Eglise, comme saint Augustin pour cette année.Et aussi, nous sommes dans l'année de saint Paul, pour quoi pas quelques textes de Paul !
Que le Seigneur marche auprès de vous sur les pas d’aventure sur l’Internet et qu’il vous bénisse.
Permanence de l’équipe d’ACCUEIL– ECOUTE dans la petite église, de 11h30 à 13h30, du Lundi au Vendredi
Les messes dans la semaine :
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Lundi : Les Laudes à 08h45.
Messe à 09H00, dans la petite église de sainte Bernadette.
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Mardi : Les Laudes à 08h45.
Messe à 09H00, dans la petite église de sainte Bernadette; suivi d'un temps de l'Adoration jusqu'à 19h.
De 12h à 12h30: temps de prière du Chemin Neuf dans cette église.
De 20h30 à 21h30 : groupe de prière du Chemin Neuf chez les soeurs de saint François, 89 rue de l'Hortus.
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Mercredi : Les Vêpres à 18h15
Messe à 18h30 , la petite église de sainte Bernadette.
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Jeudi : Les Laudes à 08h45.
Messe à 09H00, dans la petite église de sainte Bernadette.
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Vendredi : Les Vêpres à 18h15
Messe à 18h30 .
Samedi à 18h30 : Messe anticipée à l'église sainte Bernadette.
Dimanche : Messes dominicales :
- 9h : à la chapelle saint Jean
- 10h30: à l'église sainte Bernadette.
- 18h30: à l'église sainte Bernadette.
Les confessions dans la semaine : venez au presbytère et rencontrez un prêtre pour demander ce sacrement.
Tous les mardis soirs, à partir de 19h30 : temps de prière avec le groupe Renouveau Charismatique à la chapelle saint Jean.
Tous les jeudis soirs à partir de 19h15 ( sauf des vacances universitaires) : temps de prière avec les étudiants
avec le thème de l'année et l'année liturgique. L'Eucharistie sera célébrée un jeudi soir par deux semaines.
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Les horaires du catéchisme et de l’aumônerie
1.Mardi, de 17h15 à 18h30 :
· CM1, CM2
· Aumônerie de 6ème.
· Aumônerie de 3ème.
2.Mercredi , de 9h à 10h30 : CE2, CM1, CM2.
3.Tous les 15 jours , Mercredi , de 9h à 10h30 :
Eveil de la foi : CP – CE1
Adresse :
Paroisse sainte Bernadette
250 Rue du Truel
34090 MONTPELLIER
Tél : 04 67 63 48 36
Confessions - CHAP IX -
suite
La-dessus, dans les cinq jours, un peu plus un peu moins, elle se mit au lit avec de la fièvre. Pendant sa maladie elle tomba un jour en défaillance et eut un léger évanouissement. Nous
accourûmes tous, mais elle reprit vite connaissance, nous regarda mon frère et moi debout auprès d'elle et nous dit d'un air égaré : "Où étais-je ?"
Puis, voyant notre affliction et consternation, elle ajouta : "Vous enterrerez votre mère içi."
Pour mon compte je me taisais et je ravalais mes larmes. Mon frère cependant trouva quelque chose à dire; il souhaitait qu'elle mourût au pays et non pas en terre étrangère.
Quand elle entendit cela, elle prit une mine fâchée, lui fit les gros yeux pour l'idée qu'il avait là, puis, fixant sa vue sur moi :
"Regarde, dit elle, ce qu'il dit !" et bientôt à tous les deux :
"Enterrez mon corps n'importe où, sans vous mettre en peine de lui".
Je ne vous demande qu'une chose, que vous fassiez à l'autel du Seigneur mémoire de moi, quelque part que vous puissiez être et, quand elle eut, avec les mots qu'elle pouvait, expliqué son
sentiment, elle se tut.
Le mal s'aggravait, sans lui laisser de répit.
Or, à part moi, je songeais, ô Dieu invisible, à tes dons, semences d'où lèvent au coeur de tes fidèles d'étonnantes révoltes.
J'éprouvais joie et gratitude à me rappeler ses continuels et fébriles tracas au sujet du tombeau qu'elle s'était réservé et arrangé tout près du corps de son mari.
très cordialement unis leur vie durant, elle voulait - tant l'âme de l'homme est peu compétente aux choses de Dieu ! - ajouter ainsi à l'heureux état de jadis et faire dire aux gens qu' après une
périgrination outre-mer il lui avait été donné de rassembler pour des épousailles sous la terre qui les recouvrirait la terre qui fut le corps des deux époux.
CHAPITRE IX.
DERNIER ENTRETIEN SAINT AUGUSTIN ET SA MERE.
(les Confessions)
27. A quand remontait dans son cœur la fin de cette vanité, je l’ignorais et j’éprouvais, à la voir ainsi apparaître, une joyeuse surprise. Au reste, quand elle me disait, au cours de
notre causerie à la fenêtre : « Qu’est-ce que je fais maintenant ici-bas ? « il apparaissait bien qu’elle n’avait plus envie de mourir au pays. J’ai ouï dire
également que déjà , durant notre séjour à Ostie, comme elle causait un jour, de confiance, comme une maman (moi, je n’y étais pas) avec tel ou tel de mes amis, du mépris de la vie présente et
des avantages de la mort, eux n’en revenaient pas de voir , don de toi en elle, tant de vertu chez une femme. Sur une question qu’ils posèrent : « N’appréhendes-tu pas de laisser ton corps
si loin de ta ville ? - Rien, dit-elle, n’est loin de Dieu. Il n’est à craindre qu’il ne reconnaisse à la fin du monde l’endroit d’où il me
ressuscitera. »
Baptêmes à Ste Bernadette :
Eva Marie BEDIER
Linsay DEMARCO
Jennyfer VANNIER
Dimanche 20 juillet, à 10h30
Obsèques à Ste Bernadette :
Christine MONTROZIER , 69 ans , le 16 juillet
Andrée SCHULÉ, 97 ans, lundi 21 août, à 15h
"Seigneur, n'est-ce pas du bon grain que tu as semé ? D'où vient-il qu'il y a de l'ivraie ?"
Voilà
cette question qui est posée par les serviteurs dans la parabole que Jésus nous raconte aujourd'hui.Le mot « ivraie » se traduit en grec par zizanion , la mauvaise herbe ou bien la discorde.
Quand on sème, on sème de bons grains, on ne sème pas ni de mauvais herbes ni de la discorde.
D'où vient qu'il y a de l'ivraie ? demandent les serviteurs. Cette question est toujours actuelle : Pourquoi le mal dans le monde ? Pourquoi les guerres et les violences ? Pourquoi les injustices ? Pourquoi des enfants sont-ils traités comme des esclaves ? Devant toutes ces horreurs, nous sommes révoltés. Comme les serviteurs dont nous parle l'évangile, nous voudrions arracher la mauvaise herbe.
Mais le Christ ne voit pas les choses ainsi. Il est impossible d'arracher la mauvaise herbe qui poussait en même temps que l'ivraie. Cette opération intempestive causera trop de dégâts car les racines sont entremêlées. Dans le champ humain, c'est la même chose : on ne peut séparer les bons et les mauvais, le propre et le sale. Ce serait oublier qu'en chaque personne, il y a des défauts et des faiblesses mais aussi des moments de générosité et un grand sens du service. Dieu ne veut pas que nous arrachions la mauvaise herbe. Il nous demande d'attendre la moisson. Nous n'avons pas à juger les autres. Nous sommes trop mal placés pour le faire. Le jugement appartient à Dieu seul.
Or, Dieu est un Père de miséricorde. Il veut que nous soyons humains et fraternels. Il veut que nous soyons unis comme Lui dans son Fils. Il ne nous demande pas de sévir contre les pécheurs mais de tout faire pour éviter le péché. Il ne nous appartient pas d'arracher l'ivraie mais de semer sans relâche le bon grain, celui de l'amour qui est en Dieu. Eclairés par son Esprit, nous sommes invités à mettre nos pas dans ceux du Christ. Avec lui, nous sommes sûrs que l’ivraie, la discorde, le mal n’auront pas le dernier mot.
P. Joseph Nguyên Xuân Hà
CHAPITRE VIII.
MORT DE SAINTE MONIQUE. — SON ÉDUCATION.
17. O vous « qui rassemblez sous le même toit les coeurs unanimes (Ps. LXVII, 7), » vous nous avez alors associé un homme jeune encore, de notre municipe, Evodius, officier de l’empereur, converti et baptisé avant nous, qui avait quitté la milice du siècle pour la vôtre. Réunis, décidés à vivre dans une communauté de résolutions saintes, nous cherchions le lieu propice au dessein de vous servir, et retournant ensemble en Afrique, nous étions à l’embouchure du Tibre, quand je perdis ma mère.
J’abrège, j’ai hâte d’arriver. Recevez mes confessions, mon Dieu, et les actions de grâces que je vous rends, même en silence, de tant de faveurs sans nombre. Mais je ne tairai point tout ce que mon âme engendre de pensées sur votre servante, dont la chair m’a engendré au temps et le coeur à l’éternité. Ce n’est pas son opulence, mais vos libéralités répandues sur elle, que je veux publier. Car elle n’était pas elle-même l’auteur de sa vie, l’auteur de son éducation. C’est vous qui l’avez créée; son père et sa mère ne savaient pas quelle oeuvre se produisait par eux. Et qui l’éleva dans votre crainte? La verge du Christ, la conduite de votre Fils unique dans une maison fidèle, membre sain de votre Eglise.
Et elle ne se louait pas tant du zèle de sa mère à l’instruire, que de la surveillance d’une vieille servante qui avait porté son père tout petit, ainsi que les jeunes filles ont coutume de porter à dos les petits enfants. Ce souvenir, sa vieillesse, la pureté de ses moeurs, lui assuraient, dans une maison chrétienne, la vénération de ses maîtres, qui lui avaient commis la conduite de leurs filles; son zèle répondait à tant de confiance; elle était, au besoin, d’une sainte rigueur pour les corriger, et toujours d’une admirable prudence pour les instruire. Hors les heures de leur modeste repas à la table de leurs parents, fussent-elles dévorées de soif, elle ne leur permettait pas même de boire de l’eau, prévenant une habitude funeste, et disant avec un grand sens : « Vous buvez de l’eau aujourd’hui, parce que le vin n’est pas en votre pouvoir; mais, quand vous serez dans la maison de vos maris, maîtresses des celliers, vous dédaignerez l’eau, sans renoncer à l’habitude de boire. » (445)
Par ce sage tempérament de préceptes et d’autorité, elle réprimait les avides désirs de la première jeunesse, et elle réglait la soif même de ces jeunes filles à cette mesure de bienséance qui exclut jusqu’au désir de ce qu’elle ne permet pas.
18. Et néanmoins, c’est l’aveu que votre servante faisait à son fils, le goût du vin s’était glissé chez elle. Quand ses parents l’envoyaient, suivant l’usage, comme une sobre enfant, puiser le vin à la cuve, après avoir baissé le vase pour le remplir, et avant de le verser dans un flacon, elle en goûtait un peu de l’extrémité des lèvres, tentation bientôt vaincue par la répugnance. Car cela ne venait pas d’un honteux penchant : c’était ce vif entrain du premier âge, ce bouillonnement d’espiéglerie que le poids de l’autorité apaise dans les jeunes coeurs.
Or, ajoutant, chaque jour, goutte à goutte, « parce que le mépris des petites choses « amène insensiblement la chute( Eccli. XIX, 1),» elle était tombée dans l’habitude de boire, avec plaisir, à petite coupe presque pleine. Où était alors cette vieille gouvernante si sage? où étaient ses austères défenses? Eh! quelle en eût été la force contre cette maladie cachée, si votre grâce salutaire, ô Seigneur, ne veillait sur nous? En l’absence de son père, de sa mère, de tout ce qui prenait soin d’elle, vous, toujours présent, qui avez créé, qui appelez à vous, et, par la voie même des hommes de perversité, opérez le bien pour le salut des âmes; que lites-vous alors, ô mon Dieu? par quel traitement l’avez-vous guérie? N’avez-vous pas tiré d’une autre âme un sarcasme froid et aigu, invisible acier dont votre main, céleste opérateur, trancha vif cette gangrène? Une servante qui l’accompagnait d’ordinaire à la cuve, se disputant un jour, comme souvent il arrive, avec sa jeune maîtresse, seule à seule, lui lança ce reproche avec l’épithète effrontée et sanglante d’ivrognesse. Elle, percée de ce trait, voit sa laideur, la réprouve et s’en dépouille. Tant il est vrai que si les amis corrompent par la flatterie, les ennemis corrigent souvent par le reproche; et votre justice ne leur rend pas, suivant leur action, mais suivant leur volonté. Car, dans sa colère, cette servante ne voulait que piquer sa maîtresse et non la guérir. Aussi le fit-elle en secret, soit que le temps et le lieu de la querelle en eût ainsi décidé, soit qu’elle craignît elle-même un châtiment pour une révélation si tardive. Mais vous, Seigneur, providence du ciel et de la terre, qui faites dériver à votre usage le lit profond chu torrent et réglez le cours turbulent des siècles, c’est par la démence d’une âme que vous avez guéri l’autre, afin que sur un tel exemple nul n’attribue à son ascendant personnel l’influence décisive d’une parole salutaire.
CHAPITRE IX.
VERTUS DE SAINTE MONIQUE.
19. Formée à la modestie et à la sagesse, plutôt soumise par vous à ses parents que par eux à vous, à peine nubile, elle fut remise à un homme qu’elle servit comme son maître; jalouse de l’acquérir à votre épargne, elle n’employait, pour vous prouver à lui, d’autre langage que sa vertu. Et vous la rendiez belle de cette beauté qui lui gagna l’admiration et les respectueux amour de son mari. Elle souffrit ses infidélités avec tant de patience que jamais nuage ne s’éleva entre eux à ce sujet. Elle attendait que votre miséricorde lui donnât avec la foi la chasteté. Naturellement affectueux, elle le savait prompt et irascible, et n’opposait à ses emportements que calme et silence. Aussitôt qu’elle le voyait remis et apaisé, il le lui rendait à propos raison de sa conduite, s’il était arrivé qu’il eût cédé trop légèrement à sa vivacité.
Quand plusieurs des femmes de la ville, mariées à des hommes plus doux, portaient sur leur visage quelque trace des sévices domestiques, accusant, dans l’intimité de l’entretien, les moeurs de leurs maris, ma mère accusait leur langue, et leur donnait avec enjouement ce sérieux avis, qu’à dater de l’heure où lecture leur avait été faite de leur contrat de noces, elles avaient dû le regarder comme l’acte authentique de leur esclavage, et ce souvenir de leur condition devait comprimer en elles toute révolte contre leurs maîtres. Et comme ces femmes, connaissant l’humeur violente de Patricius, ne pouvaient témoigner assez d’étonnement qu’on n’eût jamais ouï dire qu’il eût frappé sa femme, ou que leur bonne intelligence eût souffert un seul jour d’interruption, elles lui en demandaient l’explication secrète; et elle leur enseignait le plan de conduite dont je viens de parler. Celles qui en faisaient l’essai, avaient lieu de s’en (446) féliciter; celles qui n’en tenaient compte, demeuraient dans le servage et l’oppression.
20. Sa belle-mère, au commencement, s’était laissé prévenir contre elle sur de perfides insinuations d’esclaves; mais désarmée par une patience infatigable de douceur et de respects, elle dénonça d’elle-même à son fils ces langues envenimées qui troublaient la paix du foyer, et sollicita leur châtiment. Lui, se rendant à son désir et à l’intérêt de l’union et de l’ordre domestique, châtia les coupables au gré de sa mère. Et elle promit pareille récompense à qui, pour lui plaire, lui dirait du mal de sa belle-fille. Cette leçon ayant découragé la médisance, elles vécurent depuis dans le charme de la plus affectueuse bienveillance.
21. Votre fidèle servante, dont le sein, grâce à vous, m’a donné la vie, ô mon Dieu, ma miséricorde, avait encore reçu de vous un don bien précieux. Entre les dissentiments et les animosités, elle n’intervenait que pour pacifier. Confidente de ces propos pleins de fiel et d’aigreur, nausées d’invectives dont l’intempérance de la haine se soulage sur l’ennemie absente en présence d’une amie, elle ne rapportait de l’une à l’autre que les paroles qui pouvaient servir à les réconcilier.
Cette vertu me paraîtrait bien insignifiante, si une triste expérience ne m’eût appris coin-bien est infini le nombre de ceux qui, frappés de je ne sais quelle contagieuse épidémie de péchés, ne se contentent pas de rapporter à l’ennemi irrité les propos de l’ennemi irrité, mais en ajoutent encore qu’il n’a pas tenus; quand, au contraire, l’esprit d’humanité ne doit compter pour rien de s’abstenir de ces malins rapports qui excitent et enveniment la haine, s’il ne se met en devoir de l’éteindre par de bonnes paroles, ainsi qu’elle en usait, docile écolière du Maître intérieur.
22. Enfin elle parvint à vous gagner son mari sur la fin de sa vie temporelle, et le croyant ne lui donna plus les mêmes sujets de chagrin que l’infidèle.
Elle était aussi la servante de vos serviteurs. Tous ceux d’entre eux de qui elle était connue, vous louaient, vous glorifiaient, vous chérissent en elle, parce qu’ils sentaient votre présence dans son coeur, attestée par les fruits de sa sainte vie. Elle n’avait eu qu’un mari; elle avait acquitté envers ses parents sa dette de reconnaissance, et gouverné sa famille avec, piété; ses bonnes oeuvres lui, rendaient témoignage ( I Tim. V, 4, 9, 10). Ses fils qu’elle avait nourris, elles les enfantait autant de fois qu’elle les voyait s’éloigner de ‘vous. Enfin, quand nous tous, vos serviteurs, mon Dieu, puisque votre libéralité nous permet ce nom, vivions ensemble, avant son sommeil suprême, dans l’union de votre amour et la grâce de votre baptême, elle nous soignait comme si nous eussions été tous ses enfants, elle nous servait comme si chacun de nous eût été son père.
CHAPITRE X.
ENTRETIEN DE SAINTE MONIQUE AVEC SON FILS SUR LE BONHEUR DE LA VIE ÉTERNELLE.
23. A l’approche du jour où elle devait sortir de cette vie, jour que nous ignorions, et connu de vous, il arriva, je crois, par votre disposition secrète, que nous nous trouvions seuls, elle et moi, appuyés contre une fenêtre, d’où la vue s’étendait sur le jardin de la maison où nous étions descendus, au port d’Ostie. C’est là que, loin de la foule, après les fatigues d’une longue route, nous attendions le moment de la traversée.
Nous étions seuls, conversant avec une ineffable douceur, et dans l’oubli du passé, dévorant l’horizon de l’avenir ( Philip. III, 13), nous cherchions entre nous, en présence de la Vérité que vous êtes, quelle sera pour les saints cette vie éternelle « que l’oeil n’a pas vue, que l’oreille n’a pas entendue, et où n’atteint pas le coeur de l’homme (I Cor. II, 9). » Et nous aspirions des lèvres de l’âme aux sublimes courants de votre fontaine, fontaine de vie qui réside en vous (Ps. XXXV, 10), afin que, pénétrée selon sa mesure de la rosée céleste, notre pensée pût planer dans les hauteurs.
24. Et nos discours arrivant à cette conclusion, que la plus vive joie des sens dans le plus vif éclat des splendeurs corporelles, loin de soutenir le parallèle avec la félicité d’une telle vie, ne méritait pas même un nom, portés par un nouvel élan d’amour vers Celui qui est, nous nous promenâmes par les échelons des corps jusqu’aux espaces célestes d’où les étoiles, la lune et le soleil nous envoient leur lumière; et montant encore plus haut dans nos, pensées, dans nos paroles, dans l’admiration de vos oeuvres, nous traversâmes nos âmes pour atteindre, bien au-delà, cette région d’inépuisable abondance, où vous rassasiez éternellement (447) Israël de la nourriture de vérité, et où la vie est la sagesse créatrice de ce qui est, de ce qui a été, de ce qui sera; sagesse incréée, qui est ce qu’elle a été, ce qu’elle sera toujours; ou plutôt en qui ne se trouvent ni avoir été, ni devoir être, mais l’être seul, parce qu’elle est éternelle; car avoir été et devoir être exclut l’éternité.
Et en parlant ainsi, dans nos amoureux élans vers cette vie, nous y touchâmes un instant d’un bond de coeur, et nous soupirâmes en y laissant captives les prémices de l’esprit, et nous redescendîmes dans le bruit dé la voix, dans la parole qui commence et finit. Et qu’y a-t-il là de semblable à votre Verbe, Notre-Seigneur, dont l’immuable permanence en soi renouvelle toutes choses (Sag. VII, 27)?
25. Nous disions donc: qu’une âme soit; en qui les révoltes de la chair, le spectacle de la terre, des eaux, de l’air et des cieux, fassent silence, qui se fasse silence à elle-même qu’oublieuse de soi, elle franchisse le seuil intérieur; songes, visions fantastiques, toute langue, tout signe, tout ce qui passe, venant à se taire; car tout cela dit à qui sait entendre:
Je ne suis pas mon ouvrage; celui qui m’a fait est Celui qui demeure dans l’éternité ( Ps. XCIX, 3,5) ; que cette dernière voix s’évanouisse dans le silence, après avoir élevé notre âme vers l’Auteur de toutes choses, et qu’il parle lui seul, non par ses créatures, mais par lui-même, et que son Verbe nous parle, non plus par la langue charnelle, ni par la voix de l’ange, ni par le bruit de la nuée, ni par l’énigme de la parabole; mais qu’il nous parle lui seul que nous aimons en tout, qu’en l’absence de tout il nous parle; que notre pensée, dont l’aile rapide atteint en ce moment même l’éternelle sagesse immuable au-dessus de tout, se soutienne dans cet essor, et que, toute vue d’un ordre inférieur cessante, elle seule ravisse, captive, absorbe le contemplateur dans ses secrètes joies; qu’enfin la vie éternelle soit semblable à cette fugitive extase, qui nous fait soupirer encore; n’est-ce pas la promesse de cette parole : « Entre dans la joie de ton Seigneur (Matth. XXV, 21) ? » Et quand cela? Sera-ce alors que « nous ressusciterons tous, sans néanmoins être tous changés (I Cor. XV, 51)?»
26. Telles étaient les pensées, sinon les paroles, de notre entretien. Et vous savez, Seigneur, que ce jour même où nous parlions ainsi, où le monde avec tous ses charmes nous paraissait si bas, elle me dit: « Mon fils, en ce qui me regarde, rien ne m’attache plus à cette vie. Qu’y ferais-je? pourquoi y suis-je encore? J’ai consommé dans le siècle toute mon espérance. Il était une seule chose pour laquelle je désirais séjourner quelque peu dans cette vie, c’était « de te voir chrétien catholique avant de mourir. Mon Dieu me l’a donné avec surabondance, puisque je te vois mépriser toute félicité terrestre pour le servir. Que fais-je encore ici? »